Qu'est-ce l'hypnose? Dessin d'un cerveau qui illustre le lien entre conscient et inconscient pour trouver des solutions

Qu’est-ce que l’hypnose ? Pourquoi cela fonctionne?

Qu’est-ce que l’hypnose ?

 

Le mot hypnose désigne à la fois un état de conscience particulier, et une technique pour accéder à cet état.

Comprendre cette distinction change beaucoup de choses, parce que c’est souvent là que naissent les malentendus.

Cet état, vous le connaissez déjà. Vous le traversez plusieurs fois par jour sans lui donner de nom. Ce qui se passe en séance, c’est simplement qu’on l’utilise de façon intentionnelle, au service d’un changement que vous choisissez.

 

Un état que vous traversez déjà

 

Avez-vous déjà conduit un trajet habituel en arrivant à destination sans vraiment vous souvenir du chemin ? Ou été tellement absorbé(e) par un film que vous n’avez pas entendu quelqu’un vous appeler ?

Ces moments où vous êtes « ailleurs » tout en restant fonctionnel, c’est cet état.

Ce n’est pas un hasard si cela arrive aussi régulièrement.

Dans les années 1950, le chercheur en sommeil Nathaniel Kleitman (connu pour avoir co-découvert le sommeil REM) a mis en évidence un cycle biologique naturel d’environ 90 minutes. Ce cycle alterne entre des phases d’attention soutenue et des phases de récupération, et cela se produit aussi bien la nuit que tout au long de la journée.

Lors de ces phases de creux, vous partez dans vos pensées, vous fixez le vide, vous êtes dans la lune. Le cerveau bascule spontanément vers un état de ralentissement pour se régénérer.

Ernest Rossi, psychologue formé auprès de Milton Erickson, a été le premier à relier ce phénomène à l’hypnose. Il a appelé cela la transe commune quotidienne. Ces moments de « décrochage » où le cerveau lâche prise quelques minutes, se ressource, puis repart.

En séance, on s’appuie sur cette capacité de votre cerveau à entrer naturellement dans un état modifié plusieurs fois par jour, plutôt que d’essayer de forcer quelque chose d’artificiel.

Une découverte vieille de 2 500 ans

 

Les êtres humains ont toujours cherché à soulager la souffrance par la parole. Encourager, rassurer, promettre la guérison, c’est un réflexe aussi vieux que l’humanité. Mais très tôt, on a remarqué que ces mots portent davantage quand la personne est ailleurs. Moins sur ses gardes. Plus perméable.

C’est dans cet état que les suggestions atteignent le cerveau le plus facilement.

Les premiers thérapeutes l’avaient compris bien avant la science. Dans les temples dédiés à Asclépios (le dieu grec de la médecine), les malades étaient allongés dans l’obscurité, épuisés par le jeûne, bercés par des suggestions de guérison sur un ton lent et monotone. Ils glissaient dans un état de rêverie entre veille et sommeil. La monotonie faisait le travail.

C’est ce que nous faisons encore aujourd’hui en hypnose, avec d’autres mots, d’autres outils. Et des objectifs bien précis.

 

 

Travailler là où la volonté n’arrive pas

 

Ce que l’Antiquité avait découvert par intuition, la thérapie moderne l’a formalisé. Avec un cadre, des outils, et des objectifs précis.

La plupart de nos réactions, de nos émotions, de nos comportements, de nos habitudes, se jouent en dehors de notre attention consciente. Les thérapies par la parole permettent d’en prendre conscience, de les comprendre, de les analyser. C’est précieux. Mais comprendre ne suffit pas toujours à changer. Il arrive par exemple qu’on sache exactement d’où vient une peur et qu’elle soit toujours là.

En état hypnotique, le mental analytique s’efface un peu. L’accès aux automatismes, aux schémas émotionnels, aux croyances profondes devient plus direct et le travail, plus fin.

C’est l’utilisation intentionnelle d’un état que votre cerveau connaît déjà, au service d’un changement que vous choisissez.

 

 

Ce que les neurosciences ont confirmé

 

L’hypnose n’est plus seulement une observation clinique. Elle est aujourd’hui mesurable, visible, documentée.

Grâce à l’IRM fonctionnelle, le Pr David Spiegel de l’Université de Stanford a observé des modifications précises dans les réseaux neuronaux d’une personne en état hypnotique. Ce qui change, concrètement : le réseau du mode par défaut – celui qui tourne en fond quand l’esprit vagabonde et rumine – devient moins actif. Le bavardage mental ralentit. L’attention se recentre.

Parallèlement, les enregistrements EEG montrent une augmentation des ondes thêta, associées à l’imagerie mentale et à la mémoire émotionnelle, et une diminution des ondes bêta rapides, liées à l’analyse critique et au contrôle conscient.

Ce que ça produit concrètement : un accès plus direct aux automatismes, aux émotions, aux représentations profondes, là où se jouent une grande partie de nos comportements et de nos réactions.

Le cerveau ne fonctionne pas « en moins ». Il fonctionne autrement : l’attention se tourne vers l’intérieur, les filtres habituels s’assouplissent, et l’accès aux automatismes profonds devient plus direct.

 

Ce qu’on peut travailler en hypnose

 

L’hypnose accompagne des problématiques diverses et concrètes : les phobies, l’anxiété, les troubles du sommeil, le stress, la confiance en soi, les troubles émotionnels, l’accompagnement du deuil…

Mais aussi tout ce qui ressemble à un « c’est plus fort que moi » comme le grignotage compulsif, se ronger les ongles, la procrastination, les réactions disproportionnées, les blocages qui résistent à toute logique.

La préparation à une situation redoutée aussi : un examen, une prise de parole, la reprise du volant…

Et encore bien d’autres choses.

Un premier travail peut rester ciblé sur le symptôme, par exemple soulager une peur, interrompre un comportement automatique. C’est souvent un premier pas nécessaire, et déjà soulageant. Mais derrière chaque symptôme, il y a souvent quelque chose qui s’est installé. Selon la demande et ce qui émerge en séance, on peut rester en surface ou aller plus loin. C’est une décision qui se prend ensemble, au fil du chemin.

Chaque accompagnement est construit sur mesure. On définit un objectif précis, on avance par étapes, on adapte à votre sensibilité et à votre rythme. Il n’existe pas de séance standard, parce qu’il n’existe pas deux personnes avec la même histoire.

Reste une question que beaucoup se posent avant même de franchir le pas et qui mérite une réponse claire.

 

Ce que l’hypnose n’est pas

 

Quelques mises au point utiles, parce que les idées reçues sont tenaces.

L’hypnose n’est pas du sommeil.

Vous restez conscient(e) pendant toute la séance. Vous entendez ce qui se dit, vous pouvez répondre, bouger, poser une question, ou décider d’arrêter. Ce qui change, c’est la qualité de votre attention, tournée vers l’intérieur plutôt que vers l’extérieur, pas votre niveau de conscience.

Ce n’est pas non plus une perte de contrôle.

Vous restez vous-même pendant toute la séance. Vos valeurs, votre jugement, votre capacité à dire non, rien de tout cela ne disparaît. Ce qui change, c’est que vous êtes plus détendu(e), moins dans la résistance. C’est ce qui permet au travail d’avoir lieu.

Ce n’est pas réservé aux personnes « faibles » ou trop crédules.

La réceptivité à l’hypnose est liée à la capacité de focalisation et d’imagination, deux choses que la grande majorité d’entre nous possèdent naturellement, souvent sans le savoir. Les personnes très analytiques peuvent être tout aussi réceptives, parfois davantage, dès lors qu’elles comprennent le mécanisme et décident de s’y engager.

 

Pour aller plus loin

 

L’hypnose que vous avez peut-être vue à la télévision ou sur scène, celle où des volontaires font des choses incongrues sous les ordres d’un animateur, n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se passe dans un cadre thérapeutique. Ce sont deux usages d’un même état, avec des intentions radicalement différentes.

Ce que vous avez lu ici, c’est l’hypnose telle qu’elle se pratique en thérapie : un état naturel, documenté, utilisé de façon intentionnelle au service d’un changement personnel.

Si vous voulez comprendre concrètement comment se déroule une séance, ce que vous ressentez, ce qu’on fait ensemble et comment on prépare le travail, c’est l’objet du prochain article.

 

Lire aussi l’article sur Hypnose en cabinet vs hypnose de spectacle : faire la différence

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